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22/02/2009

KAREL GACOMS, A PROPOS DE LA CRISE DE L'AUTOMOBILE: "OU SONT LES SOCIALISTES?" (DH 22-02-09)

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Il y a pile douze ans, on ne voyait que lui, on n'entendait que lui: Karel Gacoms, délégué syndical FGTB,  l'homme qui a incarné la lutte de Renault Vilvorde. Depuis, il a quitté le devant de la scène, mais poursuit ses combats, comme secrétaire provincial de la FGTB Métal.

La Dernière Heure: Où en est-on à Renault Vilvorde, depuis février 97?

Karel Gacoms: Au départ, 400 emplois ont été préservés. Aujourd'hui, il y a encore 150 ouvriers et 50 employés, mais seuls, 50 emplois vont rester. C'est la fin de Renault Vilvorde. D'autant que Sarkozy aidera la firme, mais uniquement en France. C'est "chacun pour soi"!

DH: D'autres constructeurs suivent la même voie…

KG: La Belgique n'a pas de centres de décision et la sous-traitance se situe aussi ailleurs.

DH: Et pour Opel?

KG: On attend que les Landers allemands bougent. Sans cela, le gouvernement flamand ne fera rien. Le public ne mettra plus l'argent dans l'industrie.

DH: On ne sent pas la même mobilisation qu'en 97…

KG: C'est exact! A l'époque, en Flandre, l'économie était florissante et une fermeture d'entreprise, comme Renault, était l'exception. En Wallonie par contre, Clabecq n'était pas une exception.

DH: Où est le nœud du problème?

KG: Nul n'a imaginé cette crise. Et personne n'a de réponse aux problèmes du capitalisme. Voyez à la FGTB: fin 2008, on a encore organisé une grève générale pour l'amélioration du pouvoir d'achat. Ce fut un échec total. A "Métal" d'ailleurs, nous n'y avons pas participé.

DH: Quelles mesures préconiseriez-vous?

KG: Arrêtons de sauver les banques, les épargnants et les actionnaires! Les travailleurs ont besoin d'aide. Or, leurs patrons n'ont pas commis d'erreurs, comme Schweitzer, chez Renault.

DH: L'automobile est la plus touchée?

KG: Non, le chômage économique vient de frapper la sidérurgie et le non-ferreux. Quant à l'achat d'autos ou de camions, il s'agit d'investissements que les gens retardent facilement. Ce secteur a connu un grand boum, avec pénurie de main d'œuvre en Flandre et surcapacité.

DH: Combien de personnes pourrait frapper la crise?

KG: Un demi million!

DH: On va revivre la crise de 74…

KG: Elle avait débouché sur le sauvetage du budget et de l'ONSS, durant les années 80. C'était l'époque des sauts d'index, sous Martens. Les efforts ont été payés par les travailleurs. Quand je vois tout le pognon en Belgique et tous ces gens qui partent skier…

DH: Selon vous, personne n'avait prévu la crise?

KG: Où est la gauche: je cherche les socialistes? Les gens sont assommés et il n'y a aucun mot d'ordre, ni du côté syndical, ni dans les partis. 

On est loin du beau rêve flamand!

DH: La crise de l'automobile touche surtout la Flandre…

KG: On est loin du beau rêve d'une grande région flamande européenne. En Flandre, les gens retombent les pieds sur terre. Les Flamands doivent se souvenir que la Wallonie a aussi eu sa crise…

DH: Croyez-vous que cela va influer sur le communautaire?

KG: Nous vivons dans un pays où se côtoyent deux opinions publiques: les réactions sont différentes, les partis politiques sont divisés… Même ma centrale métallo s'est scindée.

DH: L'institutionnel va-t-il nous sauver?

KG: Selon moi, il convient de donner plus de moyens aux régions. Il faut trouver une solution aux problèmes institutionnels. Mais j'avoue que la majorité de mon syndicat ne pense pas la même chose…

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