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08/12/2008

Flahaut: Pour le Congo, dépassons les clivages majorité-opposition!

 

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À peine évoquait-on, la demande de l'ONU de voir des militaires belges participer à une "force de jonction" au Congo, qu'André Flahaut montait au créneau. L'UE vient de refuser dit "non". L'occasion de refaire le point avec l'ancien ministre de la Défense, et d'évoquer la politique internationale belge.

La Dernière Heure: Dès qu'on parle d'Affaires étrangères ou de Défense, vous êtes là?

 

André Flahaut: Le gouvernement avait dit "on va voir ce qu'on va voir" et certains prétendaient que je faisais de la diplomatie parallèle. Hé bien, on voit! Après une accalmie, la visite de Charles Michel au Congo a parasité l'ambiance et l'incohérence règne à nouveau…

 

DH: N'êtes-vous pas parfois obsessionnel avec Pieter De Crem?

AF: Il fait assez de gaffes à répétition pour mériter les réactions du PS et les miennes. J'ai été 8 ans et demi à la Défense: je sais de quoi je parle!

 

DH: Plus concrètement, comment analysez-vous la demande de l'ONU?

AF: Dès qu'elle est tombée, il y a eu un emballement médiatique: à peine si des caméras n'ont pas été filmer le départ de nos soldats pour le Congo. L'agitation n'est pas bonne conseillère: je plaide pour la prudence, la cohérence et la transparence.

 

DH: C'est-à-dire?

AF: Prudence: nous ne devons pas céder aux ultimatums (Ndlr: l'ONU voulait une réponse pour le 5 décembre). Et, en interne, nous devons examiner l'état de nos capacités et de notre matériel, ainsi que la qualité de nos troupes. De plus, le budget ne permet pas cette intervention: il faut des moyens supplémentaires.

 

DH: Et la cohérence?

AF: Le Premier ministre doit reprendre la situation en main. Il peut encore décrocher un accord auprès de certains pays européens. 

 

DH: 17.000 soldats sont déjà au Congo?

AF: S'est-on demandé s'ils étaient correctement déployés, au vu de la situation dans l'Est du Congo? De même, je plaide pour une plus grande responsabilisation des populations locales.

 

DH: Comment voyez-vous la suite?

AF: Que ce soit avec l'ONU, ou l'Europe. Pourquoi pas une Artémis-bis: l'opération menée par l'UE au Congo, sous l'autorité de l'ONU en 2003. Voire un partenariat bilatéral. La Belgique doit mettre du concret sur la table. Mais au préalable, il faut une discussion au Parlement. Pour que le gouvernement peaufine son projet puis de représente devant les élus: avec l'espoir d'un vote qui dépasserait les clivages majorité-opposition. Comme pour l'Afghanistan.

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