Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

03/11/2008

DIDIER REYNDERS: "STOP AUX EXCES DES PARACHUTES DORES!"



didier reynders - DH 02-11-08.jpgDidier Reynders l'a déjà annoncé: il souhaite mettre fin aux parachutes dorés. Vendredi lors de la prochaine réunion du gouvernement, le ministre des Finances va présenter à ses collègues des mesures visant à interdire le système des parachutes dorés, mais également à mieux définir la responsabilité des managers et à instaurer des commissions de rémunération dans les secteurs public et privé.

La Dernière Heure: La crise financière vous a fait intervenir dans l'urgence…
Didier Reynders: Nous avons agi dans les banques où nous avons pris des mesures spécifiques: interdiction des bonus, droit de regard dans les comités de rémunération, voire refus des formules d'indemnité de sortie au-delà de douze mois. 

DH: Le renouvellement du contrat de Didier Bellens était une mise en bouche…didier bellens - DH 02-11-08.jpg
DR: Les socialistes flamands étant fort en pointe sur ce dossier, il est bon de rappeler que c'est le secrétaire d'Etat aux entreprises publiques, Bruno Tuybens (SP.a), qui a signé, avec Monsieur Bellens, son premier contrat. Lors du renouvellement de celui-ci, nous avons revu les clauses de parachute doré, tout en réexaminant d'autres clauses, comme celles concernant la responsabilité, par exemple.
 
DH: Qu'est-ce qui vous dérange dans les "parachutes dorés"?                       
DR: C'est un excès auquel il faut mettre fin. La terminologie même démontre que ce système ne peut plus exister: je songe au fait que, quand les choses vont mal, un ou plusieurs dirigeants peut ou peuvent prendre le large, avec une indemnisation exceptionnelle. Certes je veux bien discuter sur la durée - douze ou dix-huit mois – mais le plus important est que le système n'aie plus rien de "doré". Si je peux être d'accord avec le fait que chacun a droit à une indemnisation de sortie quand il quitte une entreprise, et si je veux bien aussi accepter des délais de viduité, cela ne peut apparaître comme un privilège.

DH: Concrètement, que souhaitez-vous?
DR: En plus de la fin des parachutes dorés, il faut tendre vers une logique d'indemnité de sortie, comparable à ce qui se passe pour toute personne qui quitte ses fonctions et cela, sans exonération de responsabilité.

DH: Pourquoi liez-vous les entreprises publiques et privées?
DR: Je ne vois pas pourquoi des dirigeants d'entreprises publiques recevraient de l'Etat ce que celui-ci interdit à des patrons d'entreprises cotées. Toutes les entreprises devront s'inscrire dans une politique claire de rémunérations: celle-ci donnerait lieu à un rapport annuel et respecterait les mêmes limites que pour les cadres ou les employés, ouvriers… Il faut par exemple que les entreprises cotées en bourse publient leurs pratiques de coroporate governance, mais également que des comités de rémunération aient été constitués, qui donnent un rapport sur la manière dont les rémunérations sont organisées.

DH: Le dossier "Fortis" a pris des allures pénales…
DR: Je travaille au jour le jour pour sauver les épargnants, mais on ne peut s'ôter de la tête le fait qu'il y a eu des erreurs de gestion et des responsabilités. Cela ne me gêne pas que des dirigeants gagnent des sommes beaucoup plus élevées que s'ils étaient dans un gouvernement, mais ils doivent en assumer les risques. Quant aux éventuelles procédures pénales, c'est à la justice d'aller au bout des dossiers…

DH: La FEB a fortement défendu les managers…
DR: Il est exagéré de comparer le cas des dirigeants à celui des employés qui reçoivent un préavis. Le but est de ramener les parachutes dorés à des proportions comparables aux préavis. Les managers sont des membres du personnel, et non des propriétaires…

Les commentaires sont fermés.