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04/10/2008

Melchior Wathelet (28-09-08)

"A la Flandre d'assumer un éventuel déficit du fédéral"

Pour son deuxième exercice budgétaire, le secrétaire d'Etat au Budget, Melchior Wathelet, n'a guère été aidé par la chance. En cause, deux phénomènes qu'il ne maîtrise pas comme la diminution de la croissance et la hausse de l'inflation, mais aussi des phénomène belgo-belges comme le refus du gouvernement flamand de verser au fédéral 400 millions. La Dernière Heure a fait le point avec lui.

La Dernière Heure: Vos prochaines semaines vont être consacrées au budget…
Melchior Wathelet: J'ai terminé les bilatérales avec mes collègues et nous avons tranché concernant les dépenses primaires, c'est-à-dire celles des départements…

DH: Qu'est-ce qui fait que vous devez trouver cinq à cinq milliards et demi: c'est énorme…
MW: Il y a certes une baisse des recettes fiscales, mais aussi le fait que la Belgique prend de plein fouet la diminution de la croissance, sans parler du contrecoup de l'inflation qui augmente.

DH: Avez-vous trouvé des cadavres dans le placard?
MW: A la Défense Nationale, il y a certaines charges du passé. On y a engagé des factures sans que les sommes n'aient été prévues lors de l'engagement. Il faut donc trouver de l'argent.

DH: Vous visez l'ancien ministre, André Flahaut?
MW: Mon but n'est pas de pointer du doigt l'un ou l'autre.

DH: La croissance et l'inflation, vous ne pouvez que les acter?
MW: Si l'on annonce tel ou tel chiffre pour le budget, c'est toujours d'après une base qui a été calculée précédemment, c'est-à-dire à politique inchangée. A nous de modifier la donne…

DH: Le gouvernement va donc pouvoir prendre de nouvelles mesures?
MW: Bien sûr! Mais elles doivent coûter le moins cher possible. Nous l'avons par exemple fait pour les gardiens de prison.

DH: Vous pouvez aussi faire des réajustements?
MW: Nous en faisons sur les médicaments, mais de manière à ce que les gens le sentent guère. Aux entreprises pharmaceutiques à compresser leurs coûts. Mais il y a d'autres mesures à prendre dans le domaine des soins de santé.

DH: Un gros dossier semble être celui des 400 millions que la Flandre refuse de donner: cela vous met en colère?
MW: Nous sommes dans l'impasse et s'il n'y a pas de solution, le gouvernement flamand sera redevable d'un déficit d'autant, dans le budget fédéral.

DH: Comment se fait-il que la Flandre refuse?
MW: C'est d'autant plus incroyable que la mesure date de l'époque où Johan Vande Lanotte était ministre du Budget, en 2004. Son parti n'est plus au fédéral, mais au gouvernement flamand. Et là, c'est surtout un socialiste, Frank Vandenbroucke, qui bloque. Le gouvernement Peeters ne respecte pas un engagement pris précédemment.

DH: Que faire?
MW: Je l'ai dit, il reviendra à la Flandre d'assumer le déficit de 400 millions d'euros qu'aura le budget fédéral. Ce n'est pas acceptable, ni pour le fédéral, ni pour la Wallonie et Bruxelles qui, elles, tiennent leurs engagements. Cela, alors que la somme en question représente seulement de l'argent qu'on demande à la Flandre de ne pas dépenser.

DH: Comme autres dossiers chauds, il y a la lutte contre la fraude…
MW: (rires) … mon collègue Carl Devies s'en occupe quand il n'est pas cambriolé…

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